Quels sont les enjeux de ce moment majeur de la démocratie européenne ?

lundi 18 février 2019
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Seule institution de l’Union européenne sur 7 élue directement par les citoyens, le Parlement (Annexe 1) exerce trois pouvoirs fondamentaux : législatif, budgétaire et contrôle politique.

Les partis actuellement en lice au Parlement
Les partis nationaux présentent leurs listes de candidats. A l’issue des élections, les députés élus peuvent rejoindre ou créer un groupe politique au niveau européen. Pour la législature 2014-2019, on compte huit groupes politiques au niveau européen :
• Le Groupe du Parti populaire européen (PPE), qui réunit la plupart des partis de centre-droit, dont Les Républicains
• L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D) où figure notamment le Parti socialiste
• Les Conservateurs et réformistes européens (CRE), qu’aucun député français n’a rejoint
• L’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), où se trouvent l’UDI et le MoDem
• Le Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) où siègent le Parti communiste français et La France insoumise
• Le Groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE), rassemblant les partis écologistes européens dont Europe Écologie-Les Verts
• Le Groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD), dans lequel siège le parti de Florian Philippot, Les Patriotes.
• Groupe Europe des nations et des libertés (ENL) qui réunit des partis de droite et d’extrême-droite, dont le Front national
• Les députés qui ne rejoignent aucun groupe politique européen, souvent issus de l’extrême-droite, sont dit "non-inscrits".

Les candidatures en cours pour les prochaines élections
Chaque parti doit désigner une tête de liste qui le représentera pendant la campagne. Si certains ont déjà fait leur choix, le flou persiste dans plusieurs autres formations politiques. Beaucoup sont en effet divisées sur la ligne directrice à adopter et les alliances à contracter.
Plusieurs partis ayant décidé de présenter leur propre liste aux européennes, en ont déjà nommé le candidat principal :
• Jordan Bardella a été désigné comme tête de liste par le conseil national du Rassemblement national, le deuxième parti français à dévoiler sa liste complète de candidats.
• La France insoumise a choisi l’ancienne porte-parole d’Oxfam-France Manon Aubry comme tête de liste. Le mouvement a été le premier à diffuser sa liste complète de candidats.
• Nicolas Dupont-Aignan mènera la liste de Debout la France.
• Yannick Jadot prendra la tête de la liste Europe Écologie-Les Verts (EELV).
• Jean-Christophe Lagarde mènera la liste de l’Union des démocrates et indépendants (UDI).
• Florian Philippot mènera la liste Les Patriotes.
• François Asselineau dirigera celle de l’Union populaire républicaine (UPR).
• Lutte ouvrière proposera une liste indépendante menée par Nathalie Arthaud.
• Jean Lassalle mènera la liste de son parti "Résistons !".
Les autres partis n’ont pas encore fait part de leur décision :
• Du côté de La République en marche (LaREM), plusieurs noms circulent mais le parti dévoilera sa tête de liste vers la fin du mois de février et commencera sa campagne en mars, selon son délégué général.
• Le philosophe conservateur François-Xavier Bellamy semble convaincre Laurent Wauquiez pour mener la liste des Républicains. La tête de liste devrait être dévoilée fin janvier.

• Une difficile alliance à gauche ?
◦ Le Parti socialiste cherchait à rassembler la gauche autour de lui. Mais faute d’avoir réussi à nouer des alliances avec les Verts et Génération.s, Ségolène Royal, qui était pressentie comme candidate principale du PS, a finalement annoncé qu’elle ne concourrait pas.
◦ Benoît Hamon (Génération.s) a annoncé qu’il serait à la tête d’une "alliance citoyenne", mais n’a pas officialisé de rassemblement pour le moment.
◦ Egalement ouvert à d’éventuelles alliances, le Parti communiste a de son côté nommé Ian Brossat, adjoint à la Mairie de Paris, comme "chef de file".
(Les partis sont présentés selon leur position dans le sondage Ifop réalisé du 8 au 9 janvier 2019, à partir d’un échantillon représentatif de 934 électeurs).

La République en Marche : la stratégie du rassemblement
Selon un sondage Ifop réalisé les 8 et 9 janvier, la République en Marche (LaREM) se placerait de nouveau en première position devant le Rassemblement national avec 23% des voix si les élections avaient lieu aujourd’hui. Il remonte ainsi de cinq points par rapport au sondage de décembre. Sorti largement majoritaire des élections législatives de 2017 avec le Modem pour allié, le parti ne compte pour l’heure qu’un seul député estampillé LaREM au Parlement européen : Jean Arthuis, qui siège chez les libéraux. Il a indiqué qu’il ne se représentait pas. 
Sans alliance historique à l’échelle européenne, LaREM cherche à "faire éclater les deux principales formations à Bruxelles", le Parti populaire européen (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D), afin de constituer un large bloc central. A la suite d’une main tendue de Guy Verhofstadt, président du groupe centriste ADLE au Parlement européen, LaREM a ainsi fait savoir début novembre qu’elle le rallierait dans l’optique de créer un groupe plus large au sein du Parlement européen.

Pour mener à bien les ambitions de LaREM, Emmanuel Macron cherche à renforcer le clivage entre ceux qu’il qualifie de "progressistes", qu’il veut rassembler autour de sa ligne pro-européenne, et les "nationalistes" notamment incarnés par le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, le Premier ministre hongrois Viktor Orban et en France par Marine Le Pen. Sans abandonner cette stratégie mais face au contexte politique explosif des gilets jaunes, celui-ci devrait réorienter sa campagne vers des thématiques "sociales" et la lutte contre l’évasion fiscale. Les macronistes chercheraient aussi à démontrer la pertinence de l’échelle européenne pour le traitement des préoccupations quotidiennes des citoyens.

En parallèle, le parti se cherche une tête de liste pour mener la campagne française. Et ce n’est pas une tâche facile... Plusieurs personnalités ont déjà refusé le poste : l’ancien eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit a refusé début octobre, de même que François Bayrou et l’ancien ministre et actuel patron de WWF, Pascal Canfin. Qui alors ? L’actuel directeur de la campagne, Stéphane Séjourné, le conseiller Europe du président Clément Beaune ou la secrétaire d’État à l’égalité hommes-femmes Marlène Schiappa ? Pressenti, Alain Juppé a annoncé qu’il n’avait pas "du tout l’intention d’être candidat aux européennes". 
Le parti a lancé un appel à candidatures pour composer sa liste. Deux jours avant la date de clôture fixée au 15 novembre, le parti a fait "un appel aux femmes" constatant que seules 24% des candidatures reçues étaient féminines, déplaçant la date de clôture au 19 novembre.
Le délégué général de LaREM, Stanislas Guérini, a annoncé le 6 janvier que la liste serait divulguée "vers la fin février" et que le parti "partira en campagne vers le mois de mars".

Rassemblement National : l’Europe des nations
"Grand vainqueur" des dernières élections européennes de 2014, où il avait récolté 24,4% des voix, le Front national – désormais Rassemblement national (RN) – totalise à l’heure actuelle 21% des intentions de vote (-2 points par rapport à octobre), à nouveau derrière la République en Marche créditée de 23% des voix.
Actuellement détenteur de 24 sièges au Parlement européen (sur les 74 attribués à la France en 2014), le parti a lancé sa campagne pour les européennes le 16 septembre à Fréjus en mettant l’immigration au cœur de son discours. Marine Le Pen a revendiqué sa proximité avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban pour s’inscrire dans le clivage "nationalistes" contre "progressistes" que souhaite également installer Emmanuel Macron.

Le RN cherche en effet à s’allier aux autres partis européens d’extrême droite ou de droite radicale, dans le but de former une alliance transnationale. Ses membres se définissent comme "euro-combatifs" et revendiquent une "Europe des nations", mais n’ont pas encore présenté de programme précis.
Alors que les noms des députés Gilbert Collard et Louis Aliot, et du député européen Nicolas Bay revenaient fréquemment, France Inter révèle le 17 décembre que Marine Le Pen a choisi Jordan Bardella (23 ans, voir photo) pour mener sa liste, dont la composition intégrale a été dévoilée le 13 janvier. Y figurent ensuite la conseillère régionale Hélène Laporte, l’ancien député transfuge du LR Thierry Mariani, la députée européenne Dominique Bilde et l’essayiste Hervé Juvin, un temps pressenti pour être tête de liste. Le député européen Nicolas Bay est relégué à la 7e place.
Adhérent au RN depuis ses 16 ans, Jordan Bardella en est porte-parole en plus d’être conseiller régional d’Ile-de-France. Il "coche aussi la case européenne" selon France Inter, puisque "sa famille maternelle est d’origine italienne". Un atout pour le RN qui assume sa proximité avec la Ligue, menée par le sulfureux ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. En position non-éligible, Marine Le Pen porte néanmoins la campagne.
Visé par des affaires juridiques et financières, le RN est demeuré relativement silencieux en 2018 - ce qui ne l’avait pas pénalisé dans les intentions de vote, au contraire puisqu’il finissait premier en décembre 2018.


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