Cochabamba, Bolivia, le 19 avril 2010, 10 h Convocation à l’Assemblée des Mouvements sociaux

suivi de Appel : Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique a Cochabamba (Bolivie) par Evo Morales Ayma Président de l’Etat Plurinational de la Bolivie du 5 janvier 2010
lundi 12 avril 2010

Nous, militants et militantes de divers mouvements sociaux, pensons que l’époque actuelle est marquée par la toute-puissance des Etats-Unis, la Union Européenne et des multinationales. Ceci a été flagrant à Copenhague où très peu de pays ont essayé d’imposer un résultat en désaccord avec la COP 15 et rien n’a été fait pour arrêter la crise climatique...

L’augmentation de la présence militaire et des bases militaires dans différentes parties du monde, les invasions et les occupations ”humanitaires” indiquent bien que la guerre, l’occupation des marchés et des terres, la présence militaire pour contrôler les ressources énergétiques, l’eau, la biodiversité sont des stratégies de sortie de la crise de civilisation du capitalisme et de sa logique déprédatrice, raciste et patriarcale. Ces stratégies invoquent la crise climatique pour mener des négociations illégitimes.

Nous répondons en luttant pour le droit des peuples à bien vivre sur leur terre, contre les fausses solutions à la crise, contre la militarisation en tant que réponse à la crise, et contre les actions des multinationales. Ces multinationales, avec l’appui des gouvernements ou des institutions multilatérales comme la Banque mondiale, accaparent des terres pour la monoculture, privatisent l’air et créent des marchés spéculatifs appelés “crédits compensatoires du carbone”.

Voilà pourquoi nous, les mouvements sociaux, serons présents à la Conférence mondiale des Peuples sur le Changement climatique et les Droits de la Terre-Mère, à Cochabamba où, dans la logique de nos travaux, nous organiserons une Assemblée des Mouvements sociaux sur deux axes :

débat et organisation de notre soutien aux propositions et initiatives des gouvernements engagés dans la protection des droits des peuples et de la nature ;

débat et organisation de notre programme en tant que mouvements sociaux

pour renforcer nos alternatives et notre résistance à l’expansion de la marchandisation des personne et de la nature, à l’offensive des multinationales et à la militarisation.

Alianza Social Continental

ATALC (Amigos de la Tierra América Latina) Cebrapaz

Central Sindical de las Américas

Climate Justice Now !

CLOC

COMPA

Fdim

Marcha Mundial das Mulheres

Oclae

Red CADTM AYNA

Via Campesina


Appel : Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique a Cochabamba (Bolivie) par Evo Morales Ayma Président de l’Etat Plurinational de la Bolivie du 5 janvier 2010

Considérant que le changement climatique est une menace réelle pour l’existence de l’humanité, des êtres vivants et de notre Terre Mère telle que nous la connaissons aujourd’hui,Constatant le grave péril existant pour les îles, les zones côtières, les glaciers de l’Himalaya, des Andes et des montagnes du monde, les pôles de la Terre, les régions chaudes comme l’Afrique, les sources d’eau, les populations touchées par les desastres naturels croissants, les plantes et les animaux, et pour l’écosystème en général ;

Soulignant que les personnes les plus touchées par le changement climatique seront les plus pauvres de la planète, qu’elles verront leurs foyers et leurs sources de vie détruits et qu’elles seront obligés d’émigrer et de chercher un refuge ;

Confirmant que 75% des émissions historiques de gaz à effet de serre sont apparus dans les pays irrationnellement industrialisés du nord ;

Constatant que le changement climatique est le produit du système capitaliste ;

Regrettant l’échec de la Conférence de Copenhague à cause des pays dit “développés” qui ne veulent pas reconnaître la dette climatique qu’ils ont envers les pays en voie de développement, les futures générations et la Terre Mère ;

Affirmant que pour garantir le plein respect des Droits de l’Homme au XXI siècle, il faut reconnaître et respecter les Droits de la Mère Terre ;

Réaffirmant le besoin de lutter pour la justice climatique ;

Reconnaissant le besoin d’assumer des actions urgentes afin éviter des dommages plus importants et des souffrances à l’humanité et à la Terre Mère, et de rétablir l’harmonie avec la nature ;

Certains que les peuples du monde, guidés par les principes de solidarité, justice et respect de la vie, seront capables de sauver l’humanité et la Terre Mère ; et

Conmémorant le jour international de la Terre Mère,

Le Gouvernement de l’Etat Plurinational de la Bolivie convoque les peuples, les mouvements sociaux et les défenseurs de la Terre Mère du monde entier, et invite les scientifiques, les chercheurs, les juristes et les gouvernements qui veulent travailler avec leurs peuples, à la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre Mère, qui aura lieu du 20 au 22 avril 2010 à Cochabamba, Bolivie.

Les objectifs de la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre Mère sont :

1) Analyser les causes structurelles et systémiques qui provoquent le changement climatique et proposer les mesures de fond qui permettent le bien-être de l’humanité toute entière en harmonie avec la nature.

2) Discuter et s’accorder sur le projet de la Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère.

3) Convenir des propositions des nouveaux engagements pour le Protocole de Kyoto et pour les projets de Décisions de la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatique qui guideront les actions des gouvernements défenseurs de la vie lors des négociations sur le changement climatique et dans toutes les instances des Nations Unies, sur les points suivants :

a) La dette climatique,

b) Les migrants-réfugiés du changement climatique,

c) La réduction des émissions,

d) L’adaptation,

e) Le transfert de technologie,

f) Le financement,

g) Les forêts et le changement climatique,

h) La vision partagée,

i) Les peuples indigènes et

j) D’autres points.

4) Travailler sur l’organisation du Référendum Mondial des Peuples sur le Changement Climatique.

5) Analyser et établir un Plan d’Action pour avancer dans l’établissement d’un Tribunal de Justice Climatique ;

6) Définir les stratégies d’action et de mobilisation pour la défense de la vie face au changement climatique et pour les Droits de la Terre Mère.

Bolivie, le 5 janvier 2010

Evo Morales Ayma

Président de l’Etat Plurinational de la Bolivie


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