Formation sur la dette suite : les jeux de rôle

mercredi 16 juin 2004

Pour s’approprier les arguments de "Pourquoi faut-il annuler la dette ?" lors de la formation dette, nous avons organisé un jeu de rôle...

Les participants se sont répartis en 4 groupes :
- sur la santé
- sur l’agriculture
- sur le problème de l’eau
- sur l’éducation

Ils ont choisi chacun, la carte d’un des protagonistes et ont joué son rôle
Par exemple, concernant l’éducation, l’un jouait la carte du FMI et de la BM, l’autre d’un parent d’élève d’un PED, un autre celle des gouvernements du Sud, du militant etc.
Celà s’est révélé un très bon moyen de formulations des arguments contre le discours dominant, celui entre autre de la BM et du FMI et un moment de détente bienvenue... Chacun est tellement rentré dans le jeu défendant avec conviction son personnage que les cartes à jouer que le groupe dette d’Aix avait préparé comme aide n’ont guère été utilisées...

A la demande des participants, ci-dessous les cartes de l’éducation.

Carte du militant 2

- La situation de l’éducation est effectivement désastreuse comme le témoigne les parents et les enseignants que nous venons d’entendre
Dans les pays du Tiers monde, plus de 110 millions d’enfants de moins de 12 ans ne vont pas à l’école.
Chaque année, 150 millions d’enfants (dont 60 % sont des filles) quittent l’école sans savoir lire ni écrire.
La situation est encore plus grave dans les pays très endettés pour lesquels le remboursement de la dette est tel que les budgets sociaux sont réduits à la portion congrue dans le cadre des plans d’ajustement structurel :
- Les salaires réels des enseignants baissent
- les fournitures scolaires et le matériel pédagogique deviennent rares et chers,
- le niveau de scolarisation se détériore alors que le coût devient de plus en plus intenable pour les parents : frais de scolarité, privatisation de l’enseignement, suppression des internats
Un exemple le Niger : Il consacre deux fois plus d’argent au remboursement de la dette qu’aux dépenses d’éducation. Seul 1 jeune sur 4 va à l’école en raison de la pénurie d’enseignants et du coût du matériel scolaire. À peine plus d’1 fillette sur 10 fréquente l’école. Viennent s’ajouter les inégalités entre ville et campagne : le taux de scolarisation atteint 90 % dans la capitale mais stagne à 20 % dans les campagnes.
L’éducation est un moteur essentiel de la démocratie et donc du développement, entre autre celle des filles qui sont chargées de l’éducation des enfants.
Il y a un rapport entre la baisse du niveau de l’éducation et l’imposition des PAS<br<
L’institut international de Harvard a montré que dans les années 80, les dépenses d’éducation ont diminué de façon beaucoup plus importante dans les pays sous ajustement.
Selon la logique des PAS, l’éducation est un investissement comme un autre. Les étudiants sont de futurs travailleurs. Mais dans les pays où la crise de l’emploi est générale, les familles pauvres hésitent à payer pour envoyer leurs enfants à l’école si ils ont peu de chance d’avoir ensuite du travail
Les décideurs concernant l’éducation ne sont plus à l’UNESCO, mais à la Banque Mondiale.
Elle n’applique « son plan de l’éducation pour tous » que conditionné à la « stratégie de réduction de la pauvreté » qui est un PAS revu et à peine corrigé.
Ce qui est visé, ce n’est pas l’épanouissement personnel de l’enfant, mais la croissance économique dans un cadre ultra-libéral, croissance qui ne sert en fait qu’à rembourser la dette.
L’éducation primaire qui se réduit à une alphabétisation sommaire fournit la main-d’œuvre dont l’agriculture et les entreprises ont besoin. 80% des élèves sont éliminés au niveau de la quatrième année de l’école primaire et les 20% restant n’ont pas reçus l’éducation nécessaire pour suivre dans le secondaire.
La sélection est sévère à l’entrée de l’université (quand elle existe). :
Ce ne sont pas les PME du pays détruites par les PAS qui peuvent orienter la formation des cadres supérieures, mais les entreprises étrangères disposant de capitaux et pouvant absorber les futurs diplômes.>br>
D’autre part, les diplômés formés dans les universités d’Europe ou des USA sont acquis aux directives du FMI.

Quelles sont les conditions nécessaires pour arriver à l’école que nous voulons

Dans l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, il est dit que « Toute personne a droit à l’éducation, au travail et à la sécurité sociale".
En 1999, la Commission des droits de l’homme de l’ONU affirme que " l’exercice des droits fondamentaux de la population des pays endettés à l’alimentation, au logement, à l’habillement, au travail, à l’éducation, aux services de santé et à un environnement sain, ne peut être subordonné à l’application de politiques d’ajustement structurel et à des réformes économiques générées par la dette " (1999, Art. 5).
L’accès à l’éducation est un des droits fondamentaux de l’homme.
C’est une des conditions du développement durable et démocratique des pays du sud. L’accès à la connaissance reste une condition pour le développement, au Nord comme au Sud. L’éducation joue une fonction stratégique au plan économique, social, politique et culturel. La régression actuelle de l’éducation dans le Tiers-monde est donc grave car elle représente un terrible handicap pour l’avenir des communautés locales.
Cela suppose que les gouvernements du sud créent une éducation gratuite pour tous, pas uniquement en quantité mais en qualité.
Pour cela :
- Il fait que les gouvernements du Sud puissent consacrer des sommes suffisantes à l’éducation et soient libres d’en faire une priorité.
- Il faut annuler la dette (qui a déjà été remboursée plusieurs fois) pour libérer le développement
- Il faut un profond changement dans la politique des Institutions financières Internationales. Elles doivent supprimer les Plans d’Ajustement Structurels qui poussent à la privatisation de tous les services publics dont l’éducation, réduisant encore l’accès à l’éducation des plus pauvres et entre autre des filles.
- Il faudrait faire que l’Aide Publique au Développement atteigne un niveau décent. On est loin du 0,7% ! Et qu’on n’y intègre pas d’autres prêts et les réductions de dette faisant du montant de la dette réelle quelque chose de bien mince

Réponses aux objections sur la revendication de l’annulation de la dette

1. Quand on emprunte, c’est normal et même moral qu’on rembourse ses dettes

Réponse : Seule une dette contractée dans des conditions régulières et raisonnables est moralement exigible :
. les règles du jeu ont changé : Les PED ont subi une augmentation très forte des taux d’intérêt
. la situation a changé : La baisse du cours des exportations ne leur permet plus de rembourser leur dette
. Les créanciers sont co-responsables. C’est à eux de s’assurer que l’emprunteur est capable de rembourser. En France, il y a une loi pour protéger les particuliers du surendettement (même si c’est loin d’être parfait) et une loi sur la faillite pour les sociétés.
. Une dette odieuse ne doit pas être remboursée. Les créanciers du Sud se sont préoccupés de leurs seuls intérêts sans se soucier du fait qu’il prêtait souvent à des dictatures
« Les peuples du Tiers-monde doivent rembourser une dette dont ils n’ont jamais profité et dont le bénéfices ne leur est jamais parvenu » Adolfo Perez Esquivel, Prix Nobel de la Pais 1980

2.Le problème de la dette est apparu parce que l’utilisation des fonds a été inefficace. Si les pays avaient sagement écouté les conseils du FMI et de la BM, il n’en seraient pas là.
Réponse : Oui, bien sûr, mais c’est un raisonnement trop facile ! L’essentiel des problèmes, c’est un changement des règles du jeu
D’autre part on applique exactement le même modèle de développement à tous les PED sans tenir compte des différences culturelles, économiques, politiques
Un pays comme la Malaisie qui a refusé le PAS après la crise financière de 97, s’en est mieux tiré que ses voisins

3. L’argent prêté a été dans la poche des élites corrompues
- Oui, la corruption est énorme et il faut exiger la rétrocession des biens mal acquis !
Mais les IFI ont prêté en connaissance de cause, sachant qu’une bonne partie de l’aide et des prêts serait détournée. Ils sont coresponsables de la corruption. Si il y a des corrompus, c’est qu’il y a des corrupteurs !
- La corruption des élites permet aux IFI de les rendre coopératives pour faire appliquer les PAS. Cela permet une docilité politique
- Les PAS par l’augmentation de la pauvreté qu’ils entraînent, nécessitent des régimes forts que sont les dictatures, capable d’écraser toutes résistance.

Carte du ministre de l’éducation du pays endetté

Nous souhaitons la scolarisation de tous nos concitoyens. Nous ne renonçons pas à valoriser les ressources humaines en vue d’un développement harmonieux de notre pays
Mais, nous ne sommes pas responsables des difficultés rencontrées. Nous n’avons pas une totale liberté pour appliquer notre politique de l’Education car nous sommes obligés d’appliquer les Plans d’Ajustement Structurels qui nous contraignent à réduire le budget de l’éducation.
Notre développement est lié à l’obtention de nouveaux crédits qui ne nous serons accordes que si nous remboursons nos dettes et acceptons les PAS.
Les PAS permettent d’envisager pour notre pays un développement fondé sur son ouverture à l’économie mondiale.
Nous avons pris conscience lors de nos études à l’étranger de l’intérêt du libéralisme pour nos pays
Voici comment nous avons innové :
-  Notre priorité est l’enseignement primaire. Pour scolariser le plus grand nombre en rentabilisant au mieux les enseignants et les écoles, nous avons créé les classes à doubles flux selon plusieurs variantes (au Sénégal) :
2 maîtres enseignent dans 2 salles de classe avec 3 groupes de 45 élèves
Ou 2 maîtres, 2 groupes d’élève et une seule classe
Ou 1 maître, 2 groupes de 55 élèves dans une seule classe
Ainsi l’alphabétisation massive se traduit par un apport de main-d’œuvre instruite qui contribue, en particulier, à une amélioration de la productivité agricole
- Une sélection judicieuse s’impose dès la 4ème année du primaire pour réduire les effectifs dans le secondaire.
Nous mettons l’accent sur l’enseignement agricole et professionnel qui forme les techniciens dont le pays a besoin.
Nous réservons le lycée à ceux qui sont aptes à devenir les cadres du pays.
Dans l’enseignement supérieur, les examens d’entrée après le bac, réduisent les effectifs et sélectionnent les futures élites du pays. IL s’agit de mettre en rapport les formations offertes avec la capacité d’absorption des entreprises.
Les enfants de nos élites vont faire leurs études supérieures à l’étranger pour se former dans les grandes universités étrangères comme nous l’avons fait nous-mêmes
- Nous demandons à toute la population d’accepter avec civisme notre programme de réductions des dépenses
. Aux parents de payer des frais de scolarité pour leurs enfants écoliers. De prendre en charge eux-mêmes le salaire d’un enseignant s’ils veulent en avoir un dans leur village. Il est important de responsabiliser les parents. De mettre éventuellement leurs enfants dans des écoles privées qui sont de très bon niveau, s’ils en ont les moyens.
. Aux enseignants d’accepter des rémunération moindres que celles qu’ils espéraient, le retard dans le versement de leur salaire, d’innover dans le domaine pédagogique en créant des écoles privées en concertation avec les parents
. Aux étudiants de renoncer aux bourses trop coûteuses pour l’Etat qui leur propose des prêts pour financer leurs études.
D’aller se former dans les grandes universités du Nord comme nous l’avons fait nous-même pour devenir les nouvelles élites de la nation
Oui à l’austérité, non à la paupérisation !....

Carte du FMI et de la BM

Il faut en priorité rembourser ses dettes c’est pour cela qu’il faut rationaliser ses dépenses d’éducation : « Être ajusté », c’est être assaini »
- Parce que c’est moral quand on emprunte de rembourser ses dettes et de payer des intérêts
- Parce qu’ainsi, vous devenez de nouveau crédibles aux yeux des créanciers qui pourront ainsi vous prêter de nouveau selon vos besoins
Pour vous aider à rembourser vos dettes, nous avons mis sur pied des Plans d’Ajustement Structurels que nous avons même transformés en « Cadre stratégique de réduction de la pauvreté ». Nous vous donnons de très bons conseils, en ce qui concerne, entre autre, l’éducation.

Il faut avoir une gestion plus rationnelle des coûts en baissant de façon drastique les subventions publiques. Il faut pour cela :
- diminuer le nombre et le salaire des enseignants
- Réduire leur formation pédagogique : de simples bacheliers ou même des lycéens peuvent parfaitement enseigner dans le primaire dans les régions rurales. Inutile de passer par l’école normale.
- Créer des classes à double flux. Ainsi vous économiserez en rentabilisant au maximum les enseignants et les locaux
- Economiser en supprimant les bourses et la couverture sociale des étudiants
- En instituant des droits de scolarité à tous les niveaux d’enseignement
- En imposant une sélection à l’entrée du secondaire et du supérieur pour limiter le nombre de lycéens et d’étudiants. Ex : concours d’entrée exigée en plus du bac au Sénégal depuis 95
- Créer des établissement privés : cela allège les charges de l’Etat qui peut ainsi, plus facilement rembourser sa dette et cela responsabilise les familles qui veilleront ainsi mieux à la réussite scolaire de leurs enfants

L’important c’est d’adapter l’enseignement aux besoins de l’économie : Il faut que l’éducation favorise la croissance permettant aux pays de s’intégrer dans l’économie mondiale.
- c’est pour cela qu’il faut que l’enseignement primaire soit prioritaire. Il suffit que les jeunes sachent lire, écrire et compter pour donner à leur pays la main-d’œuvre nécessaire dont il a besoin pour augmenter surtout la productivité agricole. Le reste est superflu.
- Il faut réserver le lycée à une élite
- Il faut détourner les étudiants des fac de lettres ou de droit improductives pour l’économie. Seul l’élite qui fournira les cadres dirigeants doit accéder à l’enseignement supérieur. Elle peut d’ailleurs se former dans les meilleures universités étrangères.

Nous réfutons vos accusations
- Nous ne sommes pas responsables de la baisse de la scolarisation et du niveau de l’enseignement
. Ce sont les gouvernements du Sud qui sont les premiers responsables par une mauvaise gestion des fonds empruntés, la corruption et l’achat d’armes. Les réductions de dette n’ont jamais été utilisées à des fins sociales, mais le plus souvent pour renforcer le pouvoir des gouvernants et acheter des armes (Rwanda)
C’est pour cela que les réductions de dette partielle doivent être conditionnées à une bonne gouvernance : Il ne faut plus de corruption. En fait si les pays souffrent du poids de la pauvreté, c’est parce que les gouvernements redistribuent les richesses à des élites privilégiées qui gaspillent les ressources nationales
. Le G7 a offert aux pays pauvres des conditions bien plus favorables : il a proposé aux nations africaines de rembourser des prêts à taux élevés à l’aide de prêt à intérêt réduit.
. En 96, il a créée l’initiative PPTE : aide des IFI et des pays riches pour diminuer les dettes. Il se préoccupent de l’amélioration sociale des pays pauvres : ils décident d’un « Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté ». Les sommes épargnées par les annulations de dette sont conditionnées : elles doivent être investies dans les dépenses de santé et d’éducation : Prenez l’exemple de l’Ouganda 1er pays à avoir bénéficié d’une réduction de dette substantielle. Il a doublé son taux de scolarisation primaire ! (nb. Ce qu’on ne dit pas, c’est qu’il a du très vite se réendetter pour payer le service de la dette, les matières premières ayant chuté !)

- De toute façons, il faut réfléchir au niveau macro-économique : le coûts sociaux sont compensés par les bénéfices économiques qui relèvent du long terme

-  Il ne faut pas mettre tous les PED sur le même plan : il y en a qui s’en sortent très bien au niveau de l’éducation et du développement : La situation de pays émergents n’a rien à voir avec celle des PMA..

- On nous reproche de ne pas permettre aux pays pauvres de choisir leur politique (entre autre une politique favorisant les plus pauvres). Mais, nous conditionnons nos allègements de dette dans l’initiative PPTE à la consultation de la société civile

- Et de toutes façons pourquoi annuler la dette puisque que les pays se réendetteront ? Si les financiers publics continuent à financer les allègements de dette, ils incitent les pays du Sud, de façon perverse, à emprunter de nouveau de façon irresponsable.

Nous reconnaissons donc que les PED sont très pauvres, c’est pour cela que nous pouvons annuler partiellement la dette, mais il n’est pas question d’annulation totale.

Carte d’un Parent d’élève du primaire

J’habite une banlieue de Dakar où je suis venue chercher du travail. J’espérais pouvoir scolariser mes enfants dans de meilleures conditions que dans mon village : Les élèves, tous niveaux confondus, étaient rassemblés dans une classe unique tenue par un seul maître assez loin de mon village.
Mon cousin qui est resté au village a maintenant une école dans le village, mais l’éducation nationale ne prend pas en charge le salaire du maître. Ce sont les parents qui doivent le rémunérer ! Sa fille ne peut pas être scolarisée . Elle est petite bonne en ville, loin de sa famille, afin de payer la scolarité de son frère. Sans avoir été à l’école, elle aura beaucoup de difficulté à exercer même un métier de bonne.

- Situation à Dakar
Ici, je suis très déçu. Mes 2 garçons sont inscrits dans des classes à double flux (double vacation), c’est-à-dire qu’un seul maître enseigne successivement à 2 groupe de 55 élèves dans la même salle de classe. Ils ne passent donc qu’1/2 journée à l’école. Ils sont à la rue le reste du temps sans encadrement ni activités périscolaires.
A l’école, il n’y a pas de matériel pédagogique
Le maître donne son enseignement en français. Nos enfants ne le comprennent pas bien. Nous, les parents qui ne parlons pas le français, nous ne pouvons pas aider nos enfants.
Aussi, j’ai peur que mes 2 garçons ne réussissent pas l’examen d’entrée dans le secondaire qui élimine 80% des élèves du primaire.
L’école est publique et pourtant, je dois payer des droits de scolarité alors qu’il m’est de plus en plus difficile de nourrir ma famille.
Je fais de gros sacrifices pour scolariser mes garçons, mais l’enseignement est donné dans des conditions tellement difficile que je ne suis pas certain qu’ils sortent de l’école avec un niveau suffisant pour avoir un bon métier
Aussi, j’ai, moi aussi, renoncé à scolariser ma fille qui m’aide à payer la scolarité de ses frères en travaillant comme bonne dans la famille d’un député de Dakar.
Les enfants de cette famille riche, vont dans une bonne école privée car leurs parents peuvent payer des frais de scolarité très élevés.

Pourquoi ma fille et mes garçons, n’ont-ils pas droit, comme eux, à une bonne éducation qui leur permettrait d’avoir un bon métier ?

Carte d’un enseignant du primaire

J’enseigne dans une école primaire de la banlieue de Dakar.
Je suis surmené parce que j’ai trop d’élèves et que je fais des doubles journées : J’enseigne à une classe de 55 élèves de 2ème année le matin et à une classe de 55 élèves de 4ème année l’après-midi. Vous imaginez le temps que je passe à la préparation des cours et à la correction des devoirs !
On m’a recruté comme instituteur alors que je ne suis que bachelier et que je n’ai reçu aucune formation pédagogique
Ma salle de classe est en piteux état et je manque de matériel pédagogique.
Je ne peux suivre que les élèves les plus doués. Pour les autres, c’est l’école garderie.
Malgré ma charge de travail, je ne reçois qu’un salaire insignifiant, parfois payé avec des mois de retard.
J’ai peur que ma situation s’aggrave comme dans d’autres pays d’Afrique où l’Etat fait des économies sur le dos des enseignants : J’ai appris qu’au Congo ex Zaïre, les enseignants ne recevaient ni prime ni pensions, que certains étaient licenciés et que le gouvernement les invitait à créer leur école privée en leur accordant un petit prêt.

Comment nous enseignants, pouvons protester contre la dégradation de notre statut ? Le gouvernement contrôle nos syndicats et réprime les grèves.

Carte de l’étudiant

Mon baccalauréat ne m’a pas permis de m’inscrire à l’université de Dakar. J’ai du passer un examen d’entrée que j’ai réussi. Mais beaucoup de mes camarades ont échoué et se retrouvent au chômage.
Je n’ai pas pu m’inscrire à la faculté de droit. Dans cette faculté comme dans celle de lettre, le gouvernement réduit le nombre d’étudiants comme l’exigent les IFI qui veulent faire de ces facultés des instituts privés accessible à une minorité
Mes conditions de travail se dégradent : Les salles de classe sont trop petites pour accueillir les étudiants qui sont obligés d’arriver 1 heure avant le début du cours s’ils veulent avoir une place.
C’est encore pire au Congo Brazzaville ou l’année
universitaire se réduit à 6 et même 4 mois !
Les prof sont en nombre insuffisant
Le matériel de TP est en mauvais état
Ma situation financière est difficile : les frais d’inscription universitaire ont augmenté. Le centre des œuvres universitaires de Dakar a été privatisé ce qui a entraîné la disparition de toute protection sociale pour les étudiants.<br
Ma bourse qui était payé irrégulièrement a été supprimée. L’Etat me propose un prêt à 10%. Mais comment vais-je le rembourser si je ne trouve pas de travail, car les diplômés chômeurs sont nombreux : Les PME qui pourraient les employer ont été des structurées par les Plans d’Ajustement Structurel. En exigeant l’application de ces plans, les IFI obligent le gouvernement à réduire les dépenses d’enseignement supérieur.

Comment, nous étudiants résister à cette dégradation de notre situation ? Les manifestations nous sont interdites et réprimées ainsi que les syndicats étudiants.


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