Climat : Le projet d’accord doit être rejeté ! Non aux crimes climatiques ! 08 OCTOBRE 2015 | PAR MAXIME COMBES sur blog de Médiapart

vendredi 9 octobre 2015

Un nouveau texte, pouvant préfigurer ce que pourrait être l’accord de Paris lors de la COP21, a été rendu public par l’ONU. Il est inacceptable. En endossant ce texte, les négociateurs des Etats accepteraient que le chaos climatique devienne l’horizon indépassable de l’humanité. Nous devons le rejeter. Un éventuel sursaut politique et citoyen est à ce prix.

Version provisoire au 7 octobre 2015.

Le texte est disponible est en entier en document joint ci-dessous

Les deux présidents et facilitateurs de la négociation, Ahmed Djoghlaf et Dan Reifsnyder, ont rendu public un nouveau texte lundi 5 octobre, à moins de quinze jours de la dernière session de négociations intermédiaires à Bonn (19 oct – 24 oct). A la grande satisfaction de nombreux commentateurs et journalistes, ce texte ne fait qu’une vingtaines de pages, contre plus de quatre-vingt pour les textes qui l’ont précédé. Pour certains, c’est une « avancée » sur un texte « plus court, plus lisible (…) plus facile à manier » qui « permettra de faire avancer les négociations ».

Pourtant, ce texte n’est pas acceptable. Voilà pourquoi. En 10 points.

1. Le cœur du problème : les objectifs de réduction d’émission des pays ne font pas partie de la négociation

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les objectifs quantifiés de réduction d’émission post-2020 que les Etats sont invités à rendre publics avant la COP21 ne font pas partie des sujets de négociation. Ces objectifs, non contraignants et volontaires, et aujourd’hui largement insuffisants, ne seront pas revus à la hausse sous l’effet des négociations. Pourtant, la somme de toutes ces promesses est très éloignée de ce qui est nécessaire : là où les chefs d’Etat et de gouvernement se sont engagés à en rester à 2°C de réchauffement climatique maximal d’ici à la fin du siècle, leurs promesses de réduction d’émissions conduisent à un réchauffement climatique d’au moins 3°C. Il serait logique que l’écart entre le prévisionnel et l’objectif fasse l’objet de négociations et qu’il soit réparti entre les Etats. Logique, mais ce ne sera pas le cas à Paris. Ce n’est pas à l’ordre du jour de la négociation. Ce qui est à l’ordre du jour ? Savoir si les objectifs que les Etats ont posés sur la table s’appellent « contributions » ou « commitments » (engagements en langage onusien), comment on les mesure, les vérifie et les comptabilise. Bref, à l’ONU, on négocie le contenant. Pas le contenu.

2. L’ONU et les Etats prévoient de négocier avec le réchauffement climatique

L’article trois de ce projet de texte est emblématique de son inconsistance et du danger qu’il fait naître. Les scientifiques du climat ont clairement posé les objectifs de court, moyen et long terme, ainsi que les feuilles de route, qui permettraient de rester en deçà de 2°C d’ici à la fin du siècle – ou mieux 1,5°C. Ils préconisent ainsi de réduire de 40 à 70 % les émissions mondiales d’ici à 2050, considérant qu’un maximum d’émissions doit être atteint d’ici à 2020 et qu’il faudrait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre à 44 Gt de CO2eq par an d’ici 2020, 40 Gt d’ici 2025 et 35 Gt d’ici 2030. Aucun de ces objectifs à court et moyen terme n’est mentionné dans le texte. Les résultats et préconisations du GIEC sont ignorés par ce texte.

Que propose le texte comme objectif de moyen ou long terme ? On ne sait pas. Peut-être un pic d’émissions pour une année qui serait à déterminer, ou des termes encore plus génériques autour de la neutralité carbone, du zéro-net émissions, ou de faibles émissions. Autant de termes à la fois vagues, très éloignés de la précision que requièrent de telles négociations, et par ailleurs problématiques (voir plus loin). De plus, les Etats sont simplement « invités » à formuler des objectifs de long-terme. Quant à leurs objectifs à court et moyen terme, la négociation devra déterminer si les Etats « doivent les atteindre » ou « devraient les atteindre ». Une distinction entre « shall » et « should » qui montre toute l’ambivalence de négociations où l’on est prêt à adoucir les engagements dès que l’opportunité se présente. L’ONU et les négociateurs proposent donc de négocier avec le climat. Ce n’est pas acceptable : on ne négocie pas avec le réchauffement climatique : l’effet de serre ou les conséquences du réchauffement sur les territoires et les populations ne se négocient pas. Il est seulement seulement possible de les limiter et les freiner. CE que l’ONU et les Etats ne semblent pas avoir compris.

3. Un mécanisme de révision mal envisagé

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/081015/climat-le-projet-daccord-doit-etre-rejete-non-aux-crimes-climatiques


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"le projet d’accord doit être rejeté"

9 octobre 2015
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