Les ONG mettent la pression sur la CNUCED par BENITO PEREZ

Le courrier du 26 juin
samedi 3 juillet 2004

Dénonciatrice régulière des méfaits du libéralisme, la CNUCED vole à son secours tous les quatre ans. Sa plénière de Sao Paulo n’a pas dérogé à la règle, malgré une société civile combative.

Vu par certains altermondialistes comme un contrepoid, voire une alternative, à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Conférence onusienne sur le commerce et le développement (CNUCED) a une nouvelle fois déçu. Sa XIe réunion plénière, la semaine passée à Sao Paulo, a confirmé une tendance de fond : si les études menées année après année par la CNUCED décrivent la faillite sociale du modèle néolibéral, sous la pression des Etats membres, l’organe central de l’institution ne déroge pas à la pensée unique. Comme tous les quatre ans, la plénière s’est donc conclue sur un soutien clair au processus de déréglementation adop-té en 2001 par l’OMC à Doha et un appel à l’accélération des négociations. « La mondialisation a lancé des défis importants et crée de nouvelles opportunités pour de nombreux pays », plaide ainsi le texte final de la XIe réunion, tout en admenttant des « résultats inégaux ». « Le fossé entre pays riches et pays en développement (...) a même augmenté sous de nombreux aspects », relève même le document. La cause ? « La plupart des pays en développement, surtout les pays d’Afrique et les moins développés, sont restés en marge du processus de mondialisation », répond le texte.

Et pour ceux qui n’auraient pas compris le message, le directeur général de l’OMC a mis les points sur les « i » : « C’est irréel, voire dangereux, de croire qu’il y a une alternative à l’OMC », a averti à Sao Paulo Supachai Panitchpakdi...

COOPÉRATION SUD-SUD

Trois points positifs peuvent toutefois être portés au bilan de cette réunion. D’abord le fait que « la baisse et l’instabilité des prix des produits de base sur les marchés mondiaux » aient été clairement désignées parmi les responsables de l’appauvrissement de nombreux Etats du Sud. Une situation aggravée par la « concentration des structures commerciales au niveau international et national » (lisez : par l’oligopole des transnationales) et les monocultures d’exportation favorisées par le FMI et l’OMC...
Ensuite, il est à noter que la coopération Sud-Sud est revenue au centre des débats. Après le blocage de Cancun et sous l’impulsion du président brésilien Lula, la mesure la plus importante de cette réunion aura été, en effet, de relancer les négociations entre une quarantaine de pays du Sud au sein du Système global de préférences commerciales (SGPC). Cette institution, un peu oubliée depuis sa naissance en 1988, a l’avantage de prévoir des tarifs douaniers préférentiels entre pays du Sud, sans obligation de les appliquer aux pays riches.

Une « nouvelle géographie du commerce », selon les mots de Lula, qui a aussi suscité quelques craintes, notamment de voir les géants du Sud - Brésil, Inde, Chine - submerger les plus petits... On en saura plus en novembre 2006 à l’échéance de ce troisième round du SGPC.

Troisième point positif : la marée altermondialiste sem-ble avoir dopé les représentants de la société civile. Leur Forum a ainsi mandaté le pugnace délégué de Via Campesina, José Bové, afin qu’il présente ses vues au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan !

Lire l’interview du syndicaliste paysan José Bové ainsi qu’une analyse d’une militante de la CONGO (Conférence des ONG auprès de l’ONU), Isolda Agazzi Ben Attia, qui a assisté à la rencontre de Sao Paulo.

Article de Le Courrier du 26 juin


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