LE CADTM DÉNONCE LE SIMULACRE D’ANNULATION DE LA DETTE QUE PRÉPARE LE G8

Communiqué de presse du CADTM du 8 juin 2005
vendredi 10 juin 2005

Loin des stratégies géopolitiques et des calculs mesquins des grandes puissances, le CADTM affirme que l’annulation totale de la dette externe publique de tous les pays en développement, bien que simple à réaliser, est à l’opposé de ce que préparent les pays du G8 pour le prochain sommet en Ecosse début juillet.

Quoi qu’en disent les dirigeants des pays les plus riches, financer le développement des pays du tiers-monde soulève de longs débats sans pour l’instant déboucher sur la moindre décision ferme et satisfaisante. Pourtant, il serait très facile de demander aux pays du Sud d’arrêter immédiatement de rembourser leur dette extérieure publique, afin de consacrer ces sommes au développement humain sur place, sous le contrôle des populations et des parlements.

Aujourd’hui, le fiasco est total. Les différents projets préparés en vue du prochain sommet du G8 ne sont que des écrans de fumée.

Primo, au mieux seule la dette détenue par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement est concernée. De surcroît, la proposition britannique ne vise qu’à prendre en charge les remboursements d’ici 2015, loin d’une annulation à 100 % de cette dette. Il s’agit, dans tous les cas, d’un allégement très partiel de dette, baptisé « annulation » à des fins de propagande. C’est une supercherie.

Secundo, ces allégements sont à chaque fois conditionnés par la poursuite de l’ouverture progressive des économies du Sud aux intérêts des transnationales du Nord. Les pays créanciers exigent la poursuite des mesures de privatisation des services publics et des ressources naturelles des pays endettés. La vie des populations des pays soumis à cette logique ne s’améliore pas.

Tertio, les pays concernés par la soi disante générosité du G8 ne sont qu’une poignée, au mieux une vingtaine, concernant moins de 10 % des habitants des pays en développement. L’initiative sur les pays pauvres très endettés (PPTE), tant médiatisée depuis son lancement en 1996, a échoué, ne parvenant pas à les soulager du fardeau de la dette : selon la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) (CNUCED), les 27 pays actuellement concernés rembourseront davantage pour leur dette en 2005 qu’en 2003.

Quarto, les grands argentiers tentent de faire croire qu’ils vont libérer des fonds pour l’Afrique alors qu’ils sont toujours aussi pingres en réalité. L’aide publique au développement (APD) demeure inférieure à 80 milliards de dollars en 2004 dont une grande part n’atteint jamais les populations qui en ont besoin. A l’inverse, la dette provoque une hémorragie de capitaux : les pays en développement remboursent plus de 370 milliards de dollars par an pour leur dette extérieure.

Le CADTM demeure extrêmement vigilant sur la réalité des annonces concernant la dette, les pays du G8 ayant déjà renié leurs engagements à ce sujet dans le passé. A l’heure actuelle, aucune preuve d’annulation massive digne de ce nom n’a été rendue publique.

CADTM : les pays du G8 préparent un "simulacre" d’annulation de la dette


PARIS, 8 juin 2005 (AFP) - Le Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) a dénoncé mercredi le "simulacre" d’annulation de la dette que préparent les pays du G8 pour le sommet qui se tiendra les 6 et 7 juillet en Ecosse.

"Le CADTM affirme que l’annulation totale de la dette de tous les pays en développement, bien que simple à réaliser, est à l’opposé de ce que préparent les pays du G8", dit-il dans un communiqué, qualifiant les projets préparés en vue du sommet d’"écrans de fumée".

Le président américain George W. Bush a annoncé mardi que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne allaient proposer d’éliminer 100% de la dette des pays les plus pauvres dans une initiative commune qui sera présentée au prochain sommet du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie), sans toutefois détailler les modalités de cette initiative.

"Au mieux, seule la dette détenue par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement est concernée. De surcroît, la proposition britannique ne vise qu’à prendre en charge les remboursements d’ici 2015, loin d’une annulation à 100% de cette dette", estime le CADTM. "Les pays concernés ne sont qu’une poignée, au mieux une vingtaine, concernant moins de 10% des habitants des pays en développement", ajoute l’ONG.


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