EDITORIAL : De Marseille à Hongkong même combat

vendredi 9 décembre 2005 par Bernard LAGUNE

Le 3 décembre les comités locaux
d’Attac des Bouches du Rhône
appellent à un rassemblement devant le
siège de la délégation de l’Union Européenne
à Marseille pour dénoncer les pratiques des
négociateurs de l’UE dans les négociations
des accords de l’OMC et l’accélération des
procédures de libéralisation au sein de l’UE
avec notamment le retour de la directive
Bolkestein.. Le 8 décembre, la réunion
mensuelle d’ATTAC Pays d’Aix est consacrée
à la 6ème conférence de l’OMC qui se
tiendra du 13 au 18 décembre à Hongkong.
Ces actions se situent dans le cadre d’une
campagne intitulée « OMC 10 ans ça suffit !
 », lancée par 24 organisations en France pour
dénoncer l’accélération de la libéralisation
des marchés. Sont concernés notamment les
marchés des services dans le cadre de
l’Accord Général sur le Commerce des
Services (AGCS), l’Agriculture et l’Accès aux
Marchés Non Agricoles (NAMA).
Car si les tentatives d’explication de la révolte
des jeunes des banlieues abondent
(discriminations sociales, économiques,
politiques, racisme, séquelles du
colonialisme...), peu de commentateurs
insistent sur la continuité des politiques
menées à tous les échelons territoriaux. Le
libre échange mondialisé transforme en
banlieues du monde occidental une grande
partie de l’Afrique et de l’Amérique Latine
notamment.

La révolte des banlieues, est utilisée
également par le pouvoir d’une part pour
tenir un discours réformateur et d’autre part
pour mettre en place les deux piliers des
politiques libérales : le chômage, la précarité,
les bas salaires pour faire baisser le coût du
travail et augmenter la rémunération du
capital, la répression et la limitation des
libertés (lois sécuritaires, répression
syndicale, criminalisation de l’activité
syndicale et associative, destruction du code
du travail) pour faire tenir tranquilles les « 
classes dangereuses » (salariés du secteur
public qui ont encore des droits syndicaux,
habitants des banlieues, immigrés et enfants
d’immigrés...).

De l’acharnement de JC Gaudin maire de
Marseille à casser la résistance à la
privatisation des salariés de la RTM, à celui
de Pascal LAMY, directeur général de
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
à consacrer la primauté du droit du
commerce sur les droits économiques,
sociaux et environnementaux, en passant par
la privatisation des services publics du
gouvernement français et la directive
Bolkestein de l’Union européenne il y a une
volonté commune de servir les grandes
entreprises transnationales au détriment des
droits fondamentaux des populations et des
services publics qui permettent de les
garantir.

C’est donc le rôle d’Attac de mettre en
évidence cette continuité des politiques
libérales. Et c’est pourquoi Attac Pays d’Aix a
adhéré à l’Association « Vivent les Services
Publics » et entend participer à une réflexion
englobant tous les échelons territoriaux
(européen, national et local) et associant élus,
usagers et salariés pour combattre les
politiques de privatisation et engager les
actions pour la défense et le développement
des services publics. C’est ainsi que nous
avons participé à une manifestation pour le
maintien de l’hôpital de Pertuis et que nous
constituons un groupe de travail sur les
services publics.

En 95 Chirac a fait campagne et gagné la
présidentielle sur le thème de la « fracture
sociale ». En 2002 Chirac a fait campagne et
gagné la présidentielle sur le thème de la
sécurité. En 2007 (ou avant) le successeur de
Chirac fera campagne sur les thèmes de la
fracture sociale et de la sécurité. Mais que le
discours soit réformateur ou répressif la
politique est dictée par l’UNICE (patronat
européen dirigé par Ernest Antoine Sellière)
et par le MEDEF.

Les adversaires de Chirac, malgré des
victoires électorales écrasantes (victoire aux
législatives en 97, victoire aux régionales et
cantonales en 2004) ont été incapables de
proposer des politiques alternatives à
l’ultralibéralisme de la droite et se sont
parfois compromis dans le soutien à ces
politiques (lors des sommets européens de
Lisbonne et de Barcelone et lors de leur
campagne de soutien au projet
constitutionnel européen).

Le NON du 29 mai 2005 à la constitution
européenne a indiqué clairement la nécessité
de rupture avec le libéralisme. Mais les
propositions restent à élaborer pour une
expression autonome d’Attac. Pour cela il est
nécessaire d’élargir la participation des
adhérents. C’est un appel que nous vous
lançons notamment à venir renforcer et
animer les groupes de travail d’Attac Pays
d’Aix. D’avance merci.

Bernard Lagune


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