Le Club de Paris a 50 ans ? On va lui faire sa fête ! Le CADTM et ATTAC Pays d’Aix vous invitent à une animation théâtrale de rue SAMEDI 13 MAI 2006 DE 10H à13H Place des Martyrs de la Résistance

suivi du tract en document joint et d’un article sur le club de Paris
samedi 13 mai 2006

Le Club de Paris est un club informel de créanciers qui regroupe 19 pays parmi les plus riches de la planète, dont la France. Il se réunit dans l’opacité la plus complète chaque fois qu’un pays pauvre ne peut plus rembourser ses dettes, pour négocier en accord avec le FMI le maximum de recouvrement de ses créances. Le Club de Paris ne s’embarrasse pour cela d’aucune considération sociale, ni du fait que la dette n’ait pas servi les besoins de la population. Il propose la plupart du temps des rééchelonnements de dette assortis de nombreuses conditionnalités anti-sociales et rarement des annulations. Seul, l’intérêt des pays riches est pris en compte : 50 ans ça suffit !
Au moment ou le Club de Paris fête ses 50 ans des manifestations publiques festives auront lieu en France à l’initiative du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde) et d’ATTAC pour exiger du Club de Paris qu’il prenne en compte l’intérêt des populations les plus démunies, qu’il fonctionne de manière plus démocratique et transparente...ou qu’il disparaisse !

ATTAC
Attac Pays d’Aix
Maison des Associations 1 rue Émile Tavan

13100 Aix-en-Provence
06 83 41 89 51 aix@attac.org

www.local.attac.org/13/aix
Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde Aix

Contact : O4 42 96 66 46

rlagune@club-internet.fr http://www.cadtm.org

Pays d’AIX

Le Club de Paris a 50 ans ?

On va lui faire sa fête !
LE CLUB DE PARIS : 50 ANS ET PUIS S’EN VA ? par FRANÇOIS MAUGER ET DAMIEN MILLET du CADTM}

Rien n’arrive par hasard. Hier comme aujourd’hui, peu de
crises sont compréhensibles pour qui en ignore les racines
profondes. C’est le cas notamment des crises qui frappent
de façon répétitive l’Argentine. Après la chute de Peron en
1955 suite à un coup d’Etat militaire, les généraux au pouvoir
ont voulu rentrer dans le rang et cherché à rencontrer
leurs créanciers. Le 16 mai 1956, le ministre français des
Finances se proposa comme intermédiaire pour une réaction
des pays occidentaux aux difficultés de ce pays qui ne
pouvait plus rembourser ce qui lui avait été prêté.
Le Club de Paris est né ce jour-là. Cinquante ans plus
tard, la dette est toujours omniprésente dans la vie des
Argentins. De son côté, le Club de Paris, qui se réunit encore
régulièrement au Ministère français de l’Economie et des
Finances, continue de décider chaque année du sort à
réserver à plus d’une dizaine de pays endettés. Mais la
logique froidement financière qu’il défend n’est-elle pas
elle-même la racine profonde des crises qui agitent ces
pays ?

Le Club de Paris : qu’est-ce que c’est ?

Le Club de Paris n’est donc pas un club de football, ni un
club de rugby. N’espérez aucun fair play : le Club de Paris
n’est après tout qu’un club de créanciers. Il comprend 19
pays créanciers : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la
Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, les Etats-
Unis, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la
Norvège, le Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Russie, la Suède
et la Suisse. Il est chargé de renégocier la dette publique
bilatérale des pays du Sud qui ont des difficultés de paiement.

Depuis 1956, il a rencontré les représentants de 81
pays débiteurs différents. Près de 400 accords ont été
entérinés. Très peu sont à proprement parler des annulations
de dette, il s’agit surtout de rééchelonnements.

Le Club de Paris ne considère la situation des pays qui le
consultent que sous un angle étroitement financier. Toute
considération sociale est écartée. Son but est de faire
payer au maximum les pays endettés, comme il le reconnaît
sur son site web. Le rôle du Club est donc finalement
très proche de celui d’une banque classique.

Le Club de Paris n’a ni existence légale ni statuts. C’est
une « non-institution » qui apprécie plus que tout l’anonymat.

Pourtant, le Club de Paris s’est illustré à plusieurs
reprises ces dernières années, notamment à propos de la
dette de l’Irak, ou de celles des pays touchés par le tsunami.
Pour ces derniers, le Club n’a, encore une fois, proposé
qu’un moratoire - et non pas une annulation de la dette,
comme l’exigeaient de très nombreuses associations. Pis :
une fois la pression médiatique retombée, le Club a avoué
que des intérêts complémentaires seraient à payer puisque
les remboursements n’avaient pas lieu en temps prévu. A
l’inverse, le Club de Paris a annulé 80% de la dette de
l’Irak à la demande des Etats-Unis et de leurs alliés.
Comme souvent, on assiste à une politique du « deux
poids, deux mesures ».

Quelles alternatives ?

Le problème de la dette doit s’inscrire dans une approche
globale. Le Club de Paris doit cesser de se comporter
comme un cartel opaque des pays créanciers. A cinquante
ans, il est grandement temps pour lui d’écouter les revendications
des associations de citoyens du Sud comme duNord qui réclament...
- un audit international et impartial de la dette, qui permettrait
de pointer les différentes responsabilités,
- la reconnaissance et l’application du principe (déjà mis
en application à plusieurs reprises) de la dette odieuse, qui
fait de la dette contractée par un dictateur une dette personnelle
de ce dictateur, non exigible auprès du régime qui
suit la dictature,
- une transparence totale dans toute prise de décision
impliquant l’avenir des populations, notamment par une
invitation permanente faite aux organisations de solidarité
internationale et aux parlementaires du Nord comme du
Sud lors des débats,
- la prise en compte d’autres données économiques que
celles fournies par le FMI, qui est à la fois juge et partie,
- la prise en compte de critères sociaux dans toute décision
affectant les conditions de vie des citoyens des pays
endettés,
- la création d’un club des pays du Sud, dont l’unité permettrait
d’opposer un front du refus à la toute puissance
des grands créanciers.

Le Club se réunit au Ministère français de l’Economie et
des Finances et est donc, d’une certaine façon, financé par
les contribuables. On était en droit d’en attendre tant un
fonctionnement transparent et démocratique qu’une prise
en compte réelle de l’intérêt des populations les plus démunies.
Au vu de son histoire et de son organisation, le Club
de Paris n’en est définitivement pas capable. Pour parvenir
enfin à l’annulation totale et inconditionnelle de la dette
extérieure publique des pays du tiers-monde, qui à nos
yeux n’est pas négociable, la voie la plus rapide passe sans
doute par la suppression pure et simple du Club de Paris.


titre documents joints

Tract recto : le club de Paris a 50 ans

12 mai 2006
info document : RTF
1.6 Mo

tracts les 50 ans du club de Paris

12 mai 2006
info document : PDF
45.3 ko

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