Mobilisation locale contre le G8 : Réunion mensuelle d’Attac Pays d’Aix sur le G8 avec l’intervention de Raphaël Pradeau*

* Raphaël est membre d’Attac Pays d’Aix, d’Attac Jeunes et du CA d’Attac-France
samedi 13 janvier 2007

Le document ci-dessous qui a servi de support à l’intervention du 11 janvier est un premier jet et sera revu et finalisé prochainement par son auteur.

"G8 ILLEGITIME !
Projet d’intervention pour les réunions publiques contre le G8" par
Raphael Pradeau

Le G8 se réunit, en Allemagne, à Heiligendamm, du 6 au 8 juin 2007. Ce sera la trente-troisième fois, depuis 1975, que les chefs d’État et de gouvernement des pays les plus riches et les plus puissants du monde se rencontrent pour discuter ensemble des grands problèmes.

Comment caractériser le G8 ? Ce n’est pas un gouvernement mondial. Mais il ne faudrait pas pour autant en déduire qu’il ne sert à rien et qu’il n’est qu’un simulacre. C’est un « machin », une quasi-institution mondiale permanente, c’est le cercle des dirigeants des pays dominants.

G8 ILLEGITIME !

PLAN :

Dans un premier temps, nous allons examiner en détail comment le G8 s’est imposé comme le directoire de la mondialisation libérale.
Puis nous expliquerons pourquoi il est illégitime à vouloir régenter la planète.
Nous présenterons ensuite brièvement le contexte du prochain sommet du G8, avant de développer les revendications d’Attac.
Enfin, nous présenterons les mobilisations prévues à l’occasion du prochain sommet du G8.

I POURQUOI LE G8 PEUT IL ETRE CONSIDERE COMME LE DIRECTOIRE DE LA MONDIALISATION LIBERALE ?

- Revenons au commencement

Les prémisses du G8 datent de la crise, au début des années 1970, du système monétaire international mis en place à Bretton Woods en 1944. La suppression unilatérale, par les Etats-Unis, de la convertibilité en or du dollar en 1971 et les conséquences monétaires qui suivirent révélèrent un manque de coordination internationale qui contribua largement à l’institutionnalisation des relations entre pays riches dans ce qui allait devenir le G8.

A l’invitation de notre cher Valéry Giscard d’Estaing, une première réunion eut lieu en France, à Rambouillet, en 1975. Ce fut une réunion à 6 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et France), puis des réunions suivirent annuellement, dans un pays membre différent chaque année. On intégra le Canada en 1976 puis l’intégration de la Russie en 1997 transforma le G7 en G8.

Au départ, l’objectif du G8 était de permettre aux dirigeants de discuter de leurs problèmes et de trouver des solutions à leurs conflits et leurs contradictions. Il s’agissait donc de trouver des accords entre gens de bonne compagnie, si on peut qualifier ainsi les dirigeants du monde ! De manière croissante au fil des années, les préoccupations politiques ont fait leur entrée dans les communiqués du G7/G8, avec notamment des déclarations aussi édifiantes que formelles d’attachement à la « paix » et aux « valeurs démocratiques ». Mais l’objectif du G8 est bien de donner un caractère systématique, permanent, à la coopération économique entre pays riches, par la tenue d’une réunion annuelle au plus haut niveau, celui des chefs d’État ou de gouvernement. Comme le précise ses membres, il s’agit d’être « unis autour de certaines valeurs universelles, la démocratie, le respect des droits de l’homme et de l’économie de marché ». Adieu, la Charte des Nations Unies et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 !

Il s’agissait tout d’abord de discuter de la récession des années 1970, des crises monétaires et pétrolières. Au départ, la « nécessité de la relance » est encore pleinement admise.
Mais, en 1979, la Réserve fédérale américaine décide de hausser les taux d’intérêt, ce qui était censé permettre de lutter contre l’inflation et de renforcer le dollar afin de stopper sa dépréciation par rapport aux autres devises,
Cette décision transforma complètement le cours des politiques. Dés lors, de nouvelles orientations économiques s’imposent ; c’est la mise en avant de la politique monétariste, c’est à dire faire de la lutte contre l’inflation l’objectif principal de la politique économique, au détriment des autres objectifs comme le plein-emploi. En France, cela de traduit par le « tournant de la rigueur » en 1983, marqué notamment par la politique de désinflation compétitive et la désindexation des salaires.

En juillet 1979, le sommet de Tokyo, pour inaugurer l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher, décide alors de rompre avec la « stratégie » économique mise en œuvre après le premier choc pétrolier de 1974. Il s’agit dorénavant ne pas laisser repartir l’inflation et de veiller aux équilibres extérieurs, c’est-à-dire de mener des politiques économiques restrictives. Pour réagir au deuxième choc pétrolier de 1979, on décide donc de de faire de l’emploi, une variable d’ajustement. Le prétexte du pétrole est utilisé pour faire d’une pierre deux coups : redresser les marges des entreprises face à l’augmentation des prix du brut ; affaiblir le salariat par la compression des salaires et le chômage.

Le G8 s’impose à partir de ce moment comme un vecteur majeur du néolibéralisme mondialisé.

- Le rôle du G8 dans le pilotage de la mondialisation libérale

Le G7/G8 n’est pas une organisation internationale, comme le sont le FMI et la Banque mondiale. Il s’agit néanmoins d’un système assez structuré et relativement sophistiqué. Le dispositif fondamental, on l’a vu, est la réunion annuelle des chefs d’États et de gouvernement, qui souhaitent des entretiens personnels à huis clos. Immédiatement au-dessous, vient le second niveau, celui des ministres des Finances, des Affaires étrangères et autres ministères (Commerce, Emploi, Environnement...). Dans la pratique, ce qui est dénommé comme le « G7 Finances », réunissant les ministres des finances, fixe en grande partie la « doctrine ». À ces formes officielles de représentation, s’ajoute un nombre considérable d’experts et de « sherpas », les conseillers permanents issus de l’entourage des responsables de l’exécutif, qui assurent le secrétariat du G8.

Le G7/G8 s’est donné pour fonction d’assurer une coordination des politiques économiques et des politiques en général, cette dernière dimension, on l’a dit, n’ayant cessé de s’affirmer au cours des années. Les premières réunions avaient pour objectif principal la gestion des problèmes économiques des pays du groupe. Au fil des années, au gré de l’affirmation du néolibéralisme, il s’est agi davantage de contrôler économiquement et politiquement le reste de la planète, en créant un cadre favorable aux intérêts des pays du centre et de leurs couches les plus favorisées.

Les dirigeants des pays composant le G8 estiment que, au regard de la puissance économique qu’ils représentent dans le monde, ils se doivent de tenter de proposer des réponses communes aux questions du moment, notamment au plan économique. Ils prétendent cependant ne vouloir se substituer à aucune des organisations internationales précisément créées dans ce but. Pour autant, le G8 ne cache pas que « son rôle est toutefois réel et important, parce qu’il a une forte capacité de concertation et d’impulsion, particulièrement en matière économique, et qu’une bonne entente entre les membres du G8 est indispensable au bon fonctionnement des grandes organisations internationales. »

Certes le G8 n’est pas une instance supérieure de pouvoir. Il ne s’impose pas aux États et, particulièrement, aux gouvernements des pays qui le constituent. Le pouvoir économique est encore moins subordonné au G8. Mais aucune économie ne peut fonctionner sans régulation politique, sans adaptation des cadres institutionnels et sans des instances qui portent des visions stratégiques à long terme.

Dans ce pilotage de la mondialisation néolibérale, si les autres institutions internationales jouent évidemment un rôle majeur, le G8 les a constamment encouragé à amplifier la contre-révolution libérale.
Au fil des années, la volonté d’accélérer les négociations du GATT puis de l’OMC a été constamment réaffirmée dans les communiqués.
De même, le G8 estime que le potentiel financier du FMI doit être accru et ses actions encouragées, non pas avec l’objectif régulateur imaginé à sa création, mais avec celui d’assurer le remboursement des dettes imposées aux pays, notamment ceux du Sud.
Il décrit également de façon élogieuse les actions de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a joué un rôle clé dans l’affirmation de l’ordre néolibéral.

Si le G8 affirme n’obéir à aucune idéologie, il précise cependant que ses membres « sont unis autour de certaines valeurs universelles, la démocratie, le respect des droits de l’homme et de l’économie de marché » !

De fait, le G8 joue un rôle actif dans l’imposition d’un credo et dans le pilotage de la phase néolibérale de la mondialisation. Il préconise les politiques de libéralisation fondées sur :
-  la prééminence de l’investissement privé international (notamment par le statut promu des Investissements Directs à l’Etranger - IDE) et des entreprises multinationales,
-  l’ajustement au marché mondial et l’accroissement, la dérégulation et la libéralisation du commerce international,
-  le désengagement des États et la réduction des dépenses publiques,
-  les privatisations et la remise en cause du statut du salariat et de l’emploi,
-  la régulation de l’économie par le marché des capitaux.

Par ailleurs, le G8 affirme ouvertement que « loin de ne s’intéresser qu’à l’évolution de la croissance des pays qui le composent ou à la résolution de ses propres problèmes, le G8 traite depuis de nombreuses années de questions qui touchent directement les pays en développement ».

- Le G8 et les pays du Sud : un credo démenti par les faits

Nous avons vu le tournant néolibéral qu’a représenté la politique monétariste américaine des années 1970. Pour le G7, le message est dès lors limpide :
-  les pays de la périphérie doivent aller plus avant dans la libération des échanges et des mouvements de capitaux ;
-  ils doivent parvenir à l’équilibre budgétaire et, pour cela, mettre en œuvre des « réformes » structurelles.
L’enjeu est invariable : l’extension à l’ensemble de la planète du terrain de chasse du capitalisme. Le communiqué de 1995 annonce ainsi qu’il faut « que les pays soient continuellement encouragés à éliminer les restrictions posées aux marchés des capitaux » .

En 1998, durant la crise asiatique, le credo néolibéral est une nouvelle fois réaffirmé avec la conviction habituelle :
- 1. la crise est due au manque de transparence et à la mauvaise gestion des affaires publiques ;
- 2. le plan du FMI est la solution à court terme, car elle répond à la nécessité de veiller à la solvabilité des emprunteurs ;
- 3. à plus long terme, il faut renforcer la liberté du commerce et le libre mouvement des capitaux !

On a observé un glissement assez net, en trois ou quatre étapes, dans le contenu des déclarations du G8 :
-  pendant les premières années sont abordés les problèmes économiques des pays participants, dans le contexte de la crise monétaire internationale et de la crise structurelle. On y détecte un effort de coordination, la volonté d’éviter les affrontements et le désir de maîtriser de nouveaux mécanismes, comme celui du flottement du cours des monnaie. C’était une période de relative sincérité : il fallait unir la famille.
-  Puis l’affirmation du néolibéralisme devient le thème central. Une grande autosatisfaction est alors perceptible : les problèmes (comme l’augmentation du chômage en Europe) sont reconnus, mais ils confortent la détermination à aller de l’avant, vers davantage de place aux marchés.
-  À partir du milieu des années 1990, une posture défensive vient se superposer à cette satisfaction, du fait de la multiplication des crises monétaires et financières propres au néolibéralisme.
-  Cette préoccupation se double finalement de la prise de conscience de la montée de la contestation et des résistances. Conséquence immédiate, les communiqués font une part grandissante aux bons sentiments, et ils se vident ainsi de réelle substance, sauf en ce qui concerne la promotion de l’économie de marché. Au début des années 2000, on pourrait désormais croire que la préoccupation numéro un des gouvernements des principaux pays est désormais la lutte contre la pauvreté, l’amélioration des conditions de vie et la préservation de la planète ! Or comment atteindre de pareils objectifs sans régulation publique ?

Il est fait état de la première prise en considération de la montée des résistances dans le communiqué de 2000 : « Nous devons reconnaître les préoccupations que suscite la mondialisation. »

Les communiqués, sous la pression des mobilisations anti-G8, vont consacrer de plus en plus de place aux recommandations relatives à l’aide au développement, à l’éducation, à la santé et à la préservation de la diversité culturelle et de la planète. Le zèle néolibéral cède ici largement la place à la propagande.

Le discours développe alors le mythe de l’harmonie universelle : tout le monde profitera du développement de l’Afrique subsaharienne - qui pourtant voit son PIB/habitant diminuer de 0,6% entre 1975 et 2004 ; tout le monde bénéficiera de la préservation de l’atmosphère. Mais le développement de la périphérie est subordonné à la prospérité des pays du centre : notre prospérité doit être assurée, car elle conditionne la vôtre !

Des mesures « généreuses » furent même suggérées, comme l’allégement de la dette des plus pauvres les plus endettés, annoncé à Cologne, en 1998, puis son extension, à Gènes, en 2001, à 23 pays. Cette promesse a été reprise en 2005, à Gleneagles, mais n’a jamais été réalisée réellement (voir CADTM).

La grande difficulté de l’appréciation du rôle du G7/G8 réside dés lors dans la confusion possible entre la parole et l’action, entre ce qui est écrit dans les textes officiels et ce qui est fait entre deux sommets.

Quels sont les résultats de la sollicitude du G8 pour les pays du Sud ? Dans cinq domaines réputés essentiels par les derniers sommets du G8, les résultats sont désastreux.

-  Le Sida fait les ravages que l’on sait, tout particulièrement en Afrique sub-saharienne. Sa prévention et son traitement ont fait des progrès considérables. Le G8 est fier d’être à l’origine de la création du Fonds mondial contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Or aucune avancée n’a eu lieu quant aux médicaments génériques alors qu’il est évident que le coût de traitement est un élément essentiel dans la lutte contre le virus. De la même manière, les réseaux de soins ne sont pas mis en place ou vont se détériorant.
-  La dette est une entrave considérable au développement. Le G8 en est parfaitement conscient et s’enorgueillit d’être à l’origine de l’initiative « Pays pauvres très endettés » (PPTE) qui vise, selon ses promoteurs, « à rétablir la solvabilité des pays bénéficiaires ». Mais comment le Sud peut-il supporter 350 milliards de service annuel de sa dette alors que l’aide publique au développement est sept fois moins élevée ?
-  Les échanges continuent d’être, pour le G8, la pierre philosophale qui devrait répondre aux questions liées au développement. Le directoire mondial a tout lieu de se réjouir. Les chiffres sont impressionnants. Rien qu’entre 2003 et 2005, le total des importations et des exportations est passé de 9 000 milliards de dollars à 12 000 environ pour représenter plus du tiers du PIB mondial. Tout devrait donc aller au mieux dans ce monde merveilleux !
-  La corruption a été, à juste titre, dénoncée par le G8. Mais peut-il être véritablement crédible dans ce domaine alors que certains pays du G8 continuent de financer les pires dictatures de la planète, corrompues notoires ? Alors qu’il ne prend aucune décision à propos des paradis fiscaux ? Tous les experts les dénoncent pourtant sans ambiguïté comme étant le vecteur principal de ladite corruption.
-  Enfin le G8 demande aux entreprises d’adopter une attitude responsable en matière sociale. Cette requête est d’autant plus fondée que les plus grandes entreprises mondiales ressortissent des pays qui composent le G8. Mais pour que les engagements pris soient respectés, encore faudrait-il que soient fixées des règles impératives et les sanctions dans l’hypothèse où elles ne le seraient pas. Or les diverses recommandations n’ont aucune valeur contraignante pour les entreprises.

Comment le G8 peut-il alors prétendre que les réponses qu’il apporte l’ont été dans l’intérêt de la planète et de tous ses habitants ?
-  la politique états-unienne en Irak n’en finit pas d’aggraver chaque jour davantage les tensions internationales et le malheur des populations ;
-  le nombre des victimes des maladies infectieuses ne cesse de s’accroître ;
-  aucun des huit buts visés par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans ce qu’elle avait dénommé en 2000, les « Objectifs du Millénaire », pourtant modestes quant à leur quantification, n’est atteint ; le nombre d’êtres humains souffrant de la faim, dont la réduction est un de ces Objectifs, a même augmenté !
-  aucune véritable solution n’est proposée pour remédier à la très grave crise écologique dans laquelle, tous, nous nous enfonçons.

Au lieu de quoi nous assistons à un non respect répété des résolutions de l’Organisation des Nations Unies, ou à leur paralysie, dans tous les domaines où le monde a un besoin urgent de décisions publiques qui viennent réguler, voire s’opposer, aux décisions des marchés.

Mais la contestation qui s’affirme dans le mouvement altermondialisation ne porte pas seulement sur la nature des politiques, donc de leurs conséquences sur les conditions de vie des populations du monde ; elle vise la nature même de cette institution mondiale.

2. POURQUOI LE G8 EST IL ILLEGITIME ?

Un petit groupe de chefs d’État et de gouvernement représentant les privilégiés de la planète ne peut pas s’arroger le monopole de décider pour tous.

Le G7/G8 est une des institutions où se forme ce pouvoir mondial sous hégémonie américaine. Le fait que les réunions rassemblent directement les chefs d’État et de gouvernement, qui revendiquent constamment une relation directe, informelle et à huis-clos montre bien qu’il s’agit d’un lieu privilégié d’élaboration du consensus qui unit ces pays, en dépit de leurs spécificités.

Les pays du G8 et ceux de l’Union Européenne, qui est en tant que telle associée permanente aux réunions du G8 depuis 1977, totalisent en 2004 une production totale de biens et services de quelque 26 000 milliards $, soit 65 % du PIB mondial ; pourtant ils ne représentent que 13 % de la population de la planète. Les dépenses militaires de ces pays représentent en outre environ 60% des dépenses totales dans le monde. Dans cet ensemble, la part des États-Unis est évidemment prépondérante (près de la moitié de la production et 60% de l’armement du G7).

Il y a un déni profond de la démocratie par une institution qui ne connaît aucun contrôle et qui est coupé de toute instance représentative. Certes les dirigeants du G8 ont été élus (à peu prêt) démocratiquement, mais ils ont été élus pour gouverner leur pays et ne sont pas mandatés pour gouverner le monde ! Le fait que les membres de ce club des riches et des puissants soient tous, à l’exception du Canada, d’anciennes puissances coloniales constitue en outre une circonstance aggravante !

Certes l’ONU n’est pas la panacée et on ne va pas ici développer les défauts, mais elle a au moins le mérite de la légitimité. En quoi l’ONU et ses agences spécialisées ne peuvent-elles pas prendre en charge les questions soulevées par le G8 ? Essentiellement parce que, nous l’avons vu, les pays riches et les propriétaires du capital ont trouvé avec le G8 un porte-parole sûr et un ardent défenseur de leurs intérêts.

C’est pourquoi le mouvement altermondialiste en est venu à mettre en avant l’illégitimité du G8 à s’arroger un rôle dirigeant dans la conduite d’une politique mondiale. Attac en avait d’ailleurs fait le coeur de sa mobilisation en 2003 lors du sommet d’Evian. Nous contestons la légitimité du G8 et nous demandons donc sa dissolution.

Le directoire formé par les classes dirigeantes des pays riches ne peut prétendre à aucune légitimité ; elle leur est contestée, non seulement par nombre de mouvements citoyens, mais aussi par de nombreux gouvernements. Le directoire mondial qui s’est autoproclamé tel depuis plus de trente ans, a gravement failli. Cette faillite s’inscrit dans la suite des décennies coloniales qui l’ont précédée. Non seulement les peuples sont fondés à récuser son pouvoir, mais encore doivent-ils leur demander des comptes. Ce sont bien ceux qui ont largement profité de la mondialisation néolibérale au mépris des hommes et de la planète.

Quelques mots sur le prochain sommet du G8...

3. LE G8 2007

- Contexte

Le G8 2007 se tiendra dans la petite station balnéaire de Heiligendamm (environ 330 résidents annuels), située sur la mer Baltique à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Rostock, qui elle compte 200 000 habitants. Le sommet se déroule du mercredi 06 au vendredi 08 juin. Le contre-sommet se tiendra lui du samedi 02 au vendredi 8 juin.
Rappelons qu’Angela Merkel dirige une « grande coalition » SPD-CDU (l’équivalent d’une coalition PS-UMP) et cherche à se donner une stature internationale.
Depuis deux ou trois ans, il faut souligner l’évolution géopolitique importante que représente l’affaiblissement de l’hégémonie états-unienne (ce qui ne remet pas en cause sa position dominante) sur le plan militaire (défaite en Irak), sur le plan économique (Chine et Inde) et sur le plan idéologique (crise du néolibéralisme), qui se traduit dans l’affaiblissement de Bush par rapport aux démocrates et ainsi un certain affaiblissement de son « leadership » mondial..
Par ailleurs, comme en 1999, l’Allemagne aura les présidences simultanées de l’UE et du G8 lors du premier semestre 2007. L’Allemagne a d’ailleurs de grandes ambitions pour profiter de cette occasion pour ressusciter le Traité Constitutionnel Européen.

- Principales thématiques

Le Sommet du G8-2007 aurait pour thématique centrale la lutte contre la pauvreté. Angela Merkel voudrait également mettre le réchauffement climatique au coeur du prochain G8

Les autres thèmes annoncés sont :
l’énergie, le commerce et les enjeux des matières premières ;
le commerce mondial / les droits de propriété intellectuelle ;
l’aide au développement.

Il faut noter que l’agenda du G8 officiel est susceptible de changements jusqu’au dernier moment et dépend étroitement de l’agenda politique international ainsi que des volontés du pays hôte.

Il faut aussi noter, comme nous l’avons vu, que les déclarations de bonne intention sont rarement suivies d’effet et que les thèmes « photogéniques » développés officiellement ne débouchent généralement sur rien de concret, ce qui fait que les thèmes annoncés pour le prochain G8 doivent avant tout être perçus comme des thèmes sur lesquels nous pouvons pointer le projecteur de nos contre-analyses. En somme, il s’agit de profiter des sommets du G8 pour mettre en lumière l’échec des politiques menées par ce G8 et développer des contre-propositions.

4. CE QUE NOUS DEMANDONS

Précisons d’emblée que nous ne demandons rien au G8, sinon de disparaître. En revanche, Attac et, au-delà, le mouvement altermondialiste, s’adresse aux populations et interpelle les gouvernants. N’oublions pas, alors que la campagne présidentielle domine le « débat politique », que le ou la présidente, qui sera élue(e) le 6 mai, se rendra au sommet du G8 exactement un mois après.

Nous allons rapidement présenter les principaux points du G-MONDE, cette déclaration qui avait été adoptée par tous les Attac du monde lors du sommet d’Evian, en 2003

Cette déclaration s’adressait aux peuples du monde pour dénoncer les conséquences des politiques instaurées et imposées par un directoire de gouvernements qui prétendent gouverner la planète. Il mettait en cause la responsabilité politique des dirigeants des pays du G8, estimant que l’injustice qui caractérise l’état du monde n’est pas une fatalité, mais est la conséquence des politiques économiques et sociales que les dirigeants du G8 ont imposées ; ils en portent la responsabilité politique première, avec les dirigeants des pays qui les ont acceptées.

La déclaration contestait bien évidemment la légitimité du G8 et exigeait sa dissolution. Elle réclamait dans l’immédiat d’autres politiques, parmi lesquelles :
-  l’annulation de la dette des pays du Sud, déjà payée plusieurs fois,
-  la récupération, par les peuples, des détournements et de la corruption en dépôt dans les banques internationales.
-  l’interdiction et l’élimination des paradis fiscaux, judiciaires et bancaires ;
-  la mise en œuvre d’un programme d’urgence, permettant d’assurer l’accès de la population mondiale aux services essentiels de base, tel que préconisé par le PNUD ;
-  la mise en œuvre d’un système international de redistribution des richesses, et particulièrement l’instauration d’un système de taxes globales, dont la taxe sur les transactions financières ou taxe Tobin, et leur affectation au financement du développement, en commençant par l’accès pour tous aux droits fondamentaux.
-  la subordination des règles de l’OMC aux normes de l’Organisation internationale du travail (OIT),
-  un moratoire dans la négociation de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) et, en attendant, la suspension de toute nouvelle négociation, ce qui impliquait le refus de toutes les offres et demandes de libéralisation.
-  l’interdiction des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation.

Le G-Monde affirmait que ces propositions sont susceptibles d’une application immédiate mais qu’elles ne sont possibles que dans le cadre d’un changement de politique, celui-ci ne pouvant résulter que d’une mobilisation massive des peuples.

Il faisait donc la transition avec ma dernière partie car comment faire advenir ces revendications si ce n’est par la mobilisation. C’est pourquoi nous allons maintenant présenter brièvement l’état des mobilisations contre le G8 2007.

Juste un mot sur le Manifeste 2007 d’Attac, avant cela, pour vous dire qu’il reprend bien sûr la plupart de ces revendications et réaffirme la nécessité d’une réforme radicale des différentes organisations internationales.

5. LES MOBILISATIONS CONTRE LE G8 2007

Les principales initiatives du contre-sommet :

-  A partir de fin mai (week-end de l’ascension), donc en amont du contre-sommet, des Marches contre la pauvreté, la précarité et les discriminations traverseront l’Europe. Différents cortèges venant des 4 coins de l’Europe tiendront des réunions dans les lieux d’étape et en allant auprès des acteurs engagés localement dans des luttes et tous convergeront vers Rostock la veille du Contre-sommet, le vendredi 1er juin.
-  du vendredi 1er au vendredi 08 juin - des campements alternatifs se tiendront aux abords de Rostock afin de servir de lieu logistique d’organisation du contre-sommet [hébergement sous tente, cuisines collectives, matériel divers, centres Indymédia, etc.] et de lieu de débats, d’échanges d’informations et de préparation d’actions.
-  le samedi 02 juin - une grande manifestation, suivie d’un concert, se déroulera à Rostock.
-  lundi 4 juin : journée sur la thématique des migrations, pour la liberté de circulation et d’installation, pour des droits égaux pour toutes et tous.
-  mardi 5 juin : journée contre le militarisme et la guerre permanente.
-  du mardi 05 juin au jeudi 07 juin - Sommet alternatif, en parallèle du sommet officiel (qui se réunit lui du 6 au 8), dont les principales thématiques devraient être la pauvreté, le climat, l’architecture financière et économique internationale, la démocratie et les migrations.
-  le mercredi 06 juin - actions de blocage de la zone rouge afin d’empêcher les délégations des Huit de rejoindre Heiligendamm pour l’ouverture du Sommet officiel.
-  le jeudi 07 juin - manifestation et concert final.

Ca se passe à Rostock, ce n’est pas à côté, donc il faut également réfléchir à comment mener des mobilisations locales. C’est à vous d’en discuter maintenant...

Sites internet en français :
http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique703
http://anti-g8.effraie.org/


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1013 / 528838

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Attac dernières  Suivre la vie du site Les rendez-vous d’Attac   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.6 + AHUNTSIC

Creative Commons License