Faut-il vraiment payer toute la dette ? par Jean Gadrey, octobre 2014 dans le Monde Dilomatique

mercredi 1er octobre 2014

Un audit citoyen chiffre la part illégitime des créances de la France

Impossible d’échapper à l’annonce d’une hausse de la dette publique : unanimes, les médias détaillent alors les sacrifices qui « s’imposent ». Toutefois, lorsqu’un collectif démontre que plus de la moitié de ces créances n’ont pas à être remboursées, le silence est total...

Mission accomplie. Depuis l’automne 2011, une centaine de comités locaux du Collectif pour un audit citoyen de la dette (CAC) (1) ont vu le jour un peu partout en France. Leur objectif ? Répondre au chœur des éditorialistes, des « experts » et de la majorité des dirigeants politiques enjoignant aux citoyens de se serrer la ceinture pour assumer le fardeau de la dette. Ils posent une question simple : faut-il vraiment payer la dette ? Ou, pour être précis : faut-il vraiment tout payer ? Synthétisant près de trois ans d’investigations, un groupe de travail a publié en mai 2014 une étude (2), accessible à tous, qui apporte la réponse : la part illégitime de la dette française — celle que l’Etat serait fondé à ne pas rembourser — s’élèverait à 59 % de son montant actuel.

Au cours des deux premières années de mobilisation, le CAC s’était refusé à chiffrer la part illégitime de la dette publique, avec cet argument : avant de mesurer la dette, il vaut mieux en comprendre la genèse. Bref, qualifier avant de quantifier, en clarifiant plusieurs points. D’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général (part légitime) ou au bénéfice de minorités privilégiées (part illégitime) ? Peut-on l’alléger autrement qu’en appauvrissant les populations ? La réflexion a pris du temps : celui de la démocratie délibérative. Elle a débouché sur des analyses (3). L’heure était alors venue de passer aux évaluations quantitatives, lesquelles réservent quelques surprises.

A en croire le discours dominant, l’envol de la dette s’expliquerait avant tout par la croissance excessive des dépenses d’un Etat « obèse ». Le premier président de la Cour des comptes, M. Didier Migaud, estimait récemment que la France se trouvait « dans une zone dangereuse (4) ». Quelques années plus tôt, à une époque où il pouvait encore se permettre de prodiguer des conseils de bonne gestion, M. Jean-François Copé — alors président du groupe Union pour un mouvement populaire (UMP) à l’Assemblée nationale — érigeait la dette en « question de société ». A ses yeux, une seule priorité pour y faire face : « réduire la dépense publique » (5). Même son de cloche au sein du gouvernement piloté par M. Manuel Valls : « lutter contre la dette » implique mécaniquement de lutter « contre les dépenses publiques » (6). Le raisonnement se révèle pourtant faux.
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